Chassezac aventure
Roger avait les yeux qui pétillaient : la pêche venait d’ouvrir, les mouches étaient fraîchement sorties de l’atelier d’hiver, et son Chassezac l’appelait comme un vieux copain qui aurait des secrets à raconter. Évidemment, je suivais : qui laisserait un pêcheur seul avec ses idées et ses bottes ?
Nous voilà donc dévalant les gorges, lui avec l’assurance du chef de tribu, moi avec l’élégance d’un cabri… un peu rouillé. Arrivés dans son coin — un endroit si discret que même les truites y entrent sur la pointe des nageoires — nous humons l’air du jour. Seront-elles joueuses ? Ou auront-elles décidé de faire grève ?
L’eau file, claire comme une vérité d’enfant, et Roger lance sa soie avec une grâce qui ferait rougir un danseur étoile. La mouche tombe, légère, parfaite, presque trop belle pour ne pas être gobée.
Et hop ! Une fario imprudente se laisse prendre. Elle rejoint le panier, qui barbote dans l’eau comme un spa improvisé pour truites condamnées.
À midi, le quota est atteint. En intendante modèle, je ramasse du bois, j’allume un feu digne d’un concours de scouts, et deux truites rôtissent bientôt avec un parfum à faire saliver les cailloux. Avec le quignon de pain oublié au fond de la besace et le Laguiole en guise de grand chef, nous dévorons notre festin sauvage.
La nature nous a offert son plus beau tableau… mais il faut remonter. Et là, soudain, les gorges du Chassezac semblent avoir pris de la hauteur. Beaucoup de hauteur. Trop de hauteur.
Mais bon… chaque aventure a son prix.
Roger avait les yeux qui pétillaient : la pêche venait d’ouvrir, les mouches étaient fraîchement sorties de l’atelier d’hiver, et son Chassezac l’appelait comme un vieux copain qui aurait des secrets à raconter. Évidemment, je suivais : qui laisserait un pêcheur seul avec ses idées et ses bottes ?
Nous voilà donc dévalant les gorges, lui avec l’assurance du chef de tribu, moi avec l’élégance d’un cabri… un peu rouillé. Arrivés dans son coin — un endroit si discret que même les truites y entrent sur la pointe des nageoires — nous humons l’air du jour. Seront-elles joueuses ? Ou auront-elles décidé de faire grève ?
L’eau file, claire comme une vérité d’enfant, et Roger lance sa soie avec une grâce qui ferait rougir un danseur étoile. La mouche tombe, légère, parfaite, presque trop belle pour ne pas être gobée.
Et hop ! Une fario imprudente se laisse prendre. Elle rejoint le panier, qui barbote dans l’eau comme un spa improvisé pour truites condamnées.
À midi, le quota est atteint. En intendante modèle, je ramasse du bois, j’allume un feu digne d’un concours de scouts, et deux truites rôtissent bientôt avec un parfum à faire saliver les cailloux. Avec le quignon de pain oublié au fond de la besace et le Laguiole en guise de grand chef, nous dévorons notre festin sauvage.
La nature nous a offert son plus beau tableau… mais il faut remonter. Et là, soudain, les gorges du Chassezac semblent avoir pris de la hauteur. Beaucoup de hauteur. Trop de hauteur.
Mais bon… chaque aventure a son prix.
N 1 9 3 2026
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