Ma fille, nattes au vent, ma charmante Charlotte,
S’est mise, à mon grand désarroi, à devenir boulotte.
Elle surfe sur Internet, reluque des revues rigolotes
Où l’on parle de bouffe, de gâteaux… et surtout de charlottes.
Elle ne m’aide plus en cuisine — oh non ! — mais tout y grignote.
Dans la salle de bain, suçant des bonbons, dans l’eau elle barbotte.
Et si j’ose rouspéter, hop ! elle me traite de vieillotte.
(Elle a du répondant, la bougresse… et pas qu’un peu, la cocotte.)
Sa dernière lubie pour fuir notre joli loft ?
Louer en Bretagne une antique roulotte
Où, dit-elle, dans sa minuscule kichenotte,
Elle pourra mijoter, touiller, léchouiller… avec son épiglotte.
Elle fait sa crise de gelinotte, ah vraiment elle yoyotte !
Qu’elle parte donc vivre sa vie, qu’elle nous boycotte.
Je parie qu’elle cessera vite sa bougeotte
Quand elle aura, la pauvrette, vidé jusqu’au fond sa cagnotte.
Et qu’elle reviendra, penaude, à toute allure, manger la gibelotte,
En jurant que “non, maman, promis, j’arrête mes papillotes !”
Ah ! Avoir des enfants… c’est pas une sinécure, c’est une sacrée chocotte !
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