Un dimanche d’août, Roger et Milou ne sont plus là depuis belle lurette.
À leur place, Luna et Max — deux Shih Tzu adorables mais fripons — mènent désormais la danse.
Aida, le teckel vieillissant de Michelle, complète la troupe : un peu raplapla, un peu sourde, un peu perdue… mais toujours de la partie.
A la fraiche, Michelle, courageuse et déjà en nage, emmène les trois compères respirer l’air du matin.
Arrêt vers Popenot : libération générale !
Les deux jeunes galopins filent comme des fusées, tandis que l’ancêtre trottine, divague, renifle, s’arrête, repart… et fatigue vite.
Demi‑tour décidé.
Mais Luna n’a pas signé pour rentrer
Elle hume l’air, se fige, frissonne d’excitation : des poules !
Et pas n’importe où : dans une maison bien grillagée.
À peine Michelle ouvre la bouche que Luna est déjà partie, vitesse grand V, oreilles au vent, sourde aux cris désespérés de sa maîtresse.
Gloussements affolés.
Des poules sautent la haie.
Une autre reste à l’intérieur.
Et Luna, rusée, se faufile sous le portail.
Silence… puis des gloussements d’agonie.
La scène n’augure rien de bon.
Luna ne revient pas.
Michelle, désemparée, ramène les deux autres chiens à la voiture et file chercher Jacqueline, qui abandonne illico ses casseroles.
Les voici devant la villa : silence total.
Le portail tient par une simple attelle.
Elles entrent, inspectent, appellent, fouillent.
Rien.
Luna semble avoir disparu de la surface de la terre.
Les chemins alentours ? Inspectés.
La Durantière ? Rien.
Le pressentiment de Michelle ? Toujours la MAISON aux poules.
Elles reviennent, bravent la chaleur, fouillent chaque recoin.
Jacqueline aperçoit un petit appentis : vide.
Puis, au dernier moment, un tas de bois attire son regard.
Là, dans un trou sombre, un minois effaré.
Luna.
Haletante, coincée, couverte de plumes suspectes.
On ne s’attarde pas : extraction express, direction la voiture, loin de ce lieu sinistre.
Sur la route du retour, Jacqueline réalise qu’elle a perdu ses lunettes de soleil.
Rebelote : demi‑tour, fouille, rien.
Renoncement.
Mais la joie de Michelle est telle qu’elle en oublie la chaleur : sa Luna est sauvée.
Et, cerise sur le gâteau, les bésicles réapparaissent — tombées dans l’émotion générale.
Retour à la case départ, épuisées mais victorieuses.
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